Autofiction d’un sale gosse

septembre 24, 2007

Il s’agit peut-être d’un des écrivains les plus sulfureux et controversés d’amérique. Du moins c’est l’image qu’il voudrait en donner. ..

Bret Easton Ellis est surtout connu pour American Psycho, l’histoire trash d’un serial Killer-Golden boy. Ce livre (qui alterne scènes mondaines, pornos, gores et même musicales avec un rythme effréné) a marqué les esprits par sa violence et sa froideur. On connait aussi Bret Easton Ellis pour la superbe description (peu glorieuse) de la jeunesse américaine dans Moins que zéro et Les lois de l’attraction, ses précédents romans. Trois premiers romans et trois adaptations cinématographiques qui ont donné à cet écrivain un véritable statut de star aux Etats-Unis.

Dans Lunar Park, paru en 2005, Bret Easton Ellis utilise un genre littéraire totalement innovant que certains appellent “autofiction”. La fiction est étroitement mêlée à la réalité autobiographique et deviens impossible à distinguer. Très étrange. Ellis y raconte sa nouvelle vie rangée et chic, avec femme et enfants. Tentant desespèrement de laisser derrière lui tous ses excès. Mais Ellis se retrouve confronté à son passé et aux personnages qu’il a crée (dont un serial-Killer…bizarre;). La fiction s’insinue dans l’histoire personnelle de l’auteur et révèle bien plus que son caractère provocateur et arrogant. Il s’agit sans doute du meilleur roman d’Ellis, halluciné, toujours déjanté et pas très tendre avec lui-même.

Après lecture de Lunar Park on constate (non sans énervement) que Bret Easton Ellis est bien plus qu’un sale gosse de la littérature américaine, avec la défonce et la provoc comme unique fond de commerce.

Les sales gosses sont aussi parfois de grands écrivains.

Lunar Park. Ed PocKet (2005)

PS: A propos de “sale gosse-grands écrivains” il faut à tout prix que je vous parle du plus grand – à mes yeux – l’Anglais Will Self.

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