“Indigestion totale et spectaculaire”.
Voilà le diagnostic de mon médecin. Après m’avoir examiné, palpé, observé, engueulé et encaissé. Je sens que je vais déjà mieux, je serre mon ordonnance. Voilà deux jours que j’étais horriblement ballonné, semant sur mon chemin d’épouvantables pets. Je n’avais pourtant rien mangé de spécial, ni bu quoi que ce soit dépassant les quarantres degrés. Mystère.
Les intestins en détresse c’est pas terrible quand on est garçon de café. La terrasse se vidait de jour en jour et mon patron, derrière sa caisse, commencait à me regarder de travers. Les commerces alentours avaient alerté la mairie pour se plaindre de reflux intenpestifs “provenant vraisemblablement” des égoûts. Question vie privée c’était bien pire, les odeurs de fosse septique ne sont guère propices aux vertiges de l’amour. Un vent, rien qu’une flatulence et votre vie perd tout son sens…
Voilà ce qui m’a amené chez ce médecin. Pas un médecin ordinaire. A force de fréquenter les salles d’attente (rendues désertes) des cabinets médicaux, on m’a fortement conseillé d’aller voir un spécialiste. Pas un gastro-entérologue, un spécialiste du stress.
“Vos remoûts gastriques sont dûs à un stress quotidien et la seule façon de guèrir est de trouver son origine”
Je suis aujourd’hui guéri, enfin presque. Ma vie a repris son cours. La terrasse de mon café est de nouveau remplie de touristes obèses. Mon patron me fait toujours la gueule, je ne suis toujours pas en odeur de sainteté (jeu de mot facile je l’accorde…). Je vis un grand amour avec une prof de yoga qui m’aide à contrôler mon angoisse.
On ne sort jamais sains et sauf de la guerre contre le stress. Il m’arrive d’avoir quelques pointes d’angoisse. Le soir devant la télé. Je me retrouve face à l’origine du mal. Mon ventre se crispe et je deviens tout blanc.
Alors j’éteins le poste, le journal télévisé qui relate les exploits quotidiens de mon cher président. J’ouvre la porte fenêtre de l’appartement et j’évacue discrètement ma tension dans l’air frais de la nuit.

octobre 14, 2007 à 11:15
J’adore!